Les Carnets d'Autopsie de Minuit [1]
CHER LECTEUR,
s’il pouvait se présenter une possibilité, une seule
possibilité, une seule fois dans ta vie, aussi infime fût-elle, que tu
puisses prendre goût au grand déballage, répété, jour après jour,
semaine après semaine, de chairs purulentes, si, au contraire, ce n’est pas trop demander à ta sensibilité que de côtoyer le spectacle peu ragoûtant de la mort, si la vue des viscères ne t’incommode pas outre mesure, si la grande proximité de la putréfaction et des effluves pestilentielles ne te sont pas cause d’étourdissements, si
la mise à nu du cadavre, de sa mise en pièces on ne peut plus
répugnante, membre après membre, organe après organe, de leur
dissection, sous toutes les coutures, et de leur exposition sous la
lumière la plus crue, n’altère en rien tes facultés de jugement, si, après les haut-le-cœur, après les nausées, après les régurgitations inopportunes à grand-peine contenues, après les efforts incessants sur toi-même pour refréner la pulsion morbide, si tu persistes à vouloir soutenir, droit dans les yeux, le regard ignoble de la mort, alors, cher lecteur, à ces conditions, et à ces conditions seulement, ne t’arrête pas en si bon chemin, car la chose est entendue : AUTOPSIE DE MINUIT est pour toi. Mais avant d’aller de l'avant, cher lecteur, prends garde et l’avertissement qui va suivre au propre comme au figuré : ça va saigner. aller sans détour et sans honte au Carnet suivant |
[le présent Carnet d'AUTOPSIE DE MINUIT, premier du nom, a été divulgué par l'auteur lui-même en personne, à Marseille et au monde, très exactement le mercredi 21 mai 2008, peu avant 17 heures, heure de Bamako, Mali (UTC/GMT +0)]