Rémy Colin, jeune faiseur de bateaux, récompensé par le prix Envie d'agir Sa persévérance et la réalisation de son rêve d'enfant ont retenu l'attention du jury régional. | LAURÉAT | Rémy Colin a créé son entreprise de construction de bateaux dans le marais audomarois. Il a reçu hier, à Saint-Omer, le prix Envie d'agir, un programme national de soutien aux projets de jeunes. Une récompense pour une initiative inscrite dans la tradition locale. PAR MARIE JANSANA Son enseigne n'est pas encore apposée sur sa façade, mais Rémy Colin œuvre dans son atelier depuis quelques mois déjà. À 21 ans, il est son propre patron. Il a créé, en mai, sa société de construction de bateaux typiques du marais. Il signe ainsi la renaissance de ce métier dans le paysage audomarois. Une initiative qui a été saluée par un programme national chapeauté par le Haut commissaire à la jeunesse, Envie d'agir. Hier, la remise de son prix a eu lieu à Saint-Omer, au Crédit agricole, partenaire national d'Envie d'agir. Dans la région, une vingtaine de personnes de moins de 30 ans ont été primées par cette bourse. Et parmi elles, quatre, dont Rémy Colin, seul Audomarois, ont bénéficié d'un plus financier de la part du Crédit agricole. Le chèque qui lui a été remis représente pour le jeune artisan « une aide pour investir dans des machines récentes ». Ce qui a
séduit le jury régional dans sa candidature ? Son ancrage dans la région et
dans la tradition. De plus, « nous sommes attentifs aux projets liés à
l'entrepreneuriat et au développement durable », indique Véronique Menu,
membre du jury et chargée de la communication au Crédit agricole Nord de
France. Un rêve d'enfant Le charpentier de marine utilise en effet, par « respect de la tradition et par conscience écologique », le chêne de Clairmarais et des produits naturels pour donner naissance à ses bacôves, bacs à chaîne ou escutes. De quoi séduire les clients : « Ils ont l'impression de faire un geste pour l'environnement. » Le jury a également été marqué par la concrétisation, pour Rémy Colin, de son rêve de gosse. Son souhait ? « Revoir un jour, dans le marais où j'ai grandi, autant d'escutes et de bacôves qu'il y en avait autrefois », souligne-t-il. Enfant du marais, il a allié sa passion pour sa terre natale à son métier. Petit-neveu du dernier faiseur de bateaux local, il a pris le relais à deux décennies d'intervalle. Réaction des clients ? « Les gens sont surpris de trouver un faiseur de bateaux ici. Il n'y en a pas beaucoup en France. Ils ne se rendent pas compte que le marais est si grand, alors ils ne voient pas forcément l'intérêt de faire des bateaux. » Il a monté son atelier à deux coups de rame du marais, route de Clairmarais. Pas facile, reconnaît-il, de se lancer dans l'artisanat avec ses moult démarches administratives à accomplir. « En sortant d'un bac ou d'un BEP, on n'est pas du tout préparé à devenir chef d'entreprise. » Véronique Menu note d'ailleurs « la persévérance » de Rémy Colin. Déjà trois embarcations sont sorties de son atelier. Le baptême de la prochaine, programmé pour le mois de novembre, sera l'occasion pour le chef d'entreprise d'officialiser le lancement de sa toute jeune société. • Bas du formulaire
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