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 ARTHUR-BUIES

Qui est Arthur Buies ? 

  
Dans la deuxième moitié du siècle dernier, Arthur Buies (1840-1901), journaliste canadien-français, fonde La Lanterne, feuille indépendante qui s'attaque entre autres aux traditions cléricales du pays. Il écrit par la suite des Chronique. Mais plus tard, influencé par le curé Labelle, apôtre des défricheurs, il se fait le chantre enthousiaste des pays de colonisation.

De son oeuvre variée nous extrayons la description d'une région typique de « La belle province », depuis longtemps colonisée et devenue le rendez-vous mondain des vacances estivales. Le style, d'un romantisme quelque peu suranné, révèle toutefois des dons très réels d'observation. La Malbaie en 1880 Rien n'est plus pittoresque, plus rafraîchissant, plus varié, plus gracieux que
ce morceau du paradis terrestre oublié sur le flanc des Laurentides. Quelle diversité, quelle fécondité, quels luxueux caprices de la nature! Vous avez ici tous les aspects, toutes les beautés, toutes les grâces unies à toutes les pompes du paysage- Près du fleuve un rivage accidenté, coupé de petits caps et de ravines perdues: des sentiers qui sortent de toutes parts et qui mènent on ne sait où, des bordures verdoyantes qui s'échappent avec le mystère d'un bois de sapins, des coteaux à peine ébauchés qui naissent pour ainsi dire sous les pas et qui bornent un instant l'horizon pour laisser entrevoir ensuite des perspectives illimitées: toute espèce de petites tromperies séduisantes, des mamelons innombrables, couronnés d'un petit bouquet d'arbres isolés comme la mèche de cheveux sur la tête rasée d'un indien: des détours, des méandres imprévus, toutes les channantes caresses brusques de la nature qui veut surprendre le regard, comme une mère qui invente à chaque heure de nouveaux plaisirs pour le petit dernier-né.


La Malbaie n'est pas un village comme tous les autres villages du Bas-Canada, une longue suite de maisons blanches sur le bord du fleuve, suite monotone, toujours la même avec son paysage nu et les grands champs en arrière s'étendant jusqu'aux concessions. Ici, tout est rassemblé par groupes, groupes épars, distincts, ayant chacun une physionomie propre et pour ainsi dire un langage approprié- La Malbaie vous parle, elle va au devant de vous quand vous allez à elle, et elle a l'air de dire: « Venez, jouissez, admirez-moi, regardez comme je suis belle, c'est pour vous que je me suis faite ainsi: demain je serai plus belle encore, et avant que vous me connaissiez bien, vous aurez épuisé toutes les jouissances du touriste et j'aurai porté l'ivresse jusque dans vos souvenirs, lorsque vous serez loin de moi»

A. Buies, Chroniques

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