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Une nouvelle série de lettrines :
Fin lettré du début XVIème. Notaire.
(La date de 1520 est lisible en latin).
Je l'imagine attendant, plume à la main que les différents participants se mettent d'accord...
Et se faisant... un peu suer !
D'où ces enluminures sans doute tracées automatiquement.
Les actes commencent systématiquement par une évocation au " Seigneur", suivie de la date :
"In Nomine domini nostri, anno incarnationis eiusd. dommini millesimo (...etc.)"
(Au nom de Notre Seigneur et l'année mille(...etc.) de son incarnation...)
Lui, il tue le temps en décorant la première lettre.
Toujours la même, le "I" !
Parfois, il s'amuse un peu aussi sur les "n" qui suivent...
C'est Monsieur Broc qui les a découvertes ces lettrines. Un jour, il m'apporte une dizaine de photocopies :
"Regardez ce que j'ai trouvé ! C'est Aurent de Garéoult que nous connaissons bien qui dessinait ça !"
Dans les archives de Néoules, j'ai trouvé un Alrentis, aussi.
Il devait venir de Garéoult (5 km), les jours de conseil pour faire office d'"escrivan" (de secrétaire) .
Il a un coup de plume ma-gis-tral, aussi celui-là !
(je vais chercher.)
Mais c'était dans les années cinquante (1551).
Sa seule signature vaut un poème !
Mais l'écriture est si différente de celle de l'Alrentis des lettrines...
C'était peut-être son fils ?
Un petit exemple de son coup de plume super classe ?
Admirez aussi la signature !
greffier del (con)seilh deldit luoc per lo p(rese)nt
ai escrit(.) a-la relation delsdit(.) sendegues
et en fe de (so ?) mi suc soto escrit(.) en p(rese)ntio
de Loys Juvenal de Neulos"
Alrentis
Soit en français:
"Laquelle conclusion, moi, soussigné
greffier du conseil dudit village pour le présent
j'ai ecrite, à la relation desdits syndics
et en foi de quoi je me suis soussigné en présence
de Louis Juvénal de Néoules.
Flûte : ma gand mère -de Néoules- s'appelait Juvénal !
D'après une étude américaine sur les Juvénal de la planète, les Juvénal de Néoules seraient les seuls à se dire descendants du poète latin Juvenal.
Quelle prétention... ou bien une forme de semi-illétrisme : après tout, "juvenalis" c'est juste un qualificatif (le jeune) accolé au vrai nom...
Faudrait que je sache un peu ce qu'a écrit le Juvénal en question avant de décider si oui ou non je persiste dans cette tradition néoulo-familiale...
Et ça n'est pas tout ! (revenons à notre Alrentis)
A Garéoult, en promenant dans le vieux village, on peut retrouver la maison du Sieur Alrentis (Aurent) :
L'an mil sinq cens cinquante et ung et le 25 de
en lo pacti del castel vielh et per davant
Honorat Lonc luoctenent de bayle per la part
del R(évérent?) Moss(egne)r de Marseilho maior Segner del
dit luoc , en aquel sedent et precistent.
en lo qual conselh son astas los segens
Et primo lo no(b)le Gabriel Eymeric } Send(egues)
et Domergue Chabert. }
Où l'on apprend qu'en 1551, à Néoules, le conseil de ville pouvait encore se réunir
dans la cour(1) du vieux château (à St Thomé, dans la colline, au nord-est du village actuel)
(Le château "neuf" se trouvant sur la place du village actuel)
(1) La cour, en provençal, "lo pati" (ici : "lo pacti") à rapprocher de l'espagnol, "patio". |





