PARADIS EN HERBE « Révoltes légitimes » était le titre d'une revue éditée dans les années 70, pour nous la situation faite au bocage dans le Pays de Bray pourrait s'inspirer de cet en-tête. C'est pourquoi, toujours cohérents avec nos objectifs, après les replantations médiatisées en réaction aux arrachages inconsidérés à Neufbosc et à Roncherolles en Bray, toujours soucieux d'être également force de propositions, nous avons organisé un débat avec les principaux acteurs du monde de la haie : les agriculteurs, les élus locaux, les chasseurs (eh oui ! ), le CAUE, et les autres associations afin de jeter les fondations d'actions concrètes concertées et efficaces.
Le film « Paradis en herbe » nous semblait un outil permettant d'enclencher la discussion sur des bases ou l'aspect naturaliste (biodiversité, corridor écologique ..) ne serait pas oublié, car même si nous revendiquons l'idée « que pour sauver la haie brûlons-là » ou « que100 m de haie = 150 litres de pétrole vert et sans effet de serre », l'attrait de la filière bois-énergie pour les T.C.R (Taillis à Courte Rotation ) semble souvent oublier les autres dimensions écologiques.
Pour nous, ce film « Paradis en herbe » ou la nature et l'agriculture sont réconciliées devait nous permettre de sortir du cadre des forums militants ne s'adressant qu'à des convaincus. Nous souhaitions participer à l'émergence d'une campagne intelligente où l'ensemble des acteurs ruraux sauraient de façon consensuelle oeuvrer ensemble au maintien, voire au développement du bocage. Car force est de constater que cette intelligence est encore balbutiante en Pays de Bray, où souvent la main gauche ignore ce que fait la main droite et où la vieille maxime ouvrière « faire et défaire c'est toujours travailler » reste d'actualité. En effet, on creuse à grands frais des bassins de récupération des eaux pluviales, bassins souvent rapidement colmatés par les limons issus de l'érosion des terres agricoles, et parallèlement on continue d'araser les haies naturelles qui sont pourtant des formidables moyens de lutte très efficaces et peu coûteux contre cette érosion.
Notre premier objectif, la mobilisation des acteurs de terrain et des élus locaux a en grande partie été atteint.
La projection a largement rempli son objectif de mobilisation avec la présence de 90 spectateurs à Gournay et une salle comble au-delà de sa capacité avec 340 participants à Neufchâtel. De nombreux élus tant locaux que régionaux, des représentants du monde agricole, ainsi que des élèves des lycées agricole et forestier étaient présents à coté d'un public très divers. Le débat en présence du réalisateur Philippe HENRY mené de façon très professionnelle par Michel LEROND notre écologue local a permis l'expression de différents points de vue. L'un d'entre eux celui du Président de la chambre d'agriculture faisant ressortir les difficultés qu'il y a actuellement, vu le cours des céréales, a conserver prairies et bocage... Mais peut-être, faut-il aussi réfléchir au maintien du bocage, au-delà des parcelles en herbe, même si les rampes du « pulvé » n'aiment pas les branches... Certains ont pu également nous exprimer que de ce débat était ressorti un consensus un peu mou... sans perspective concrète...Il est évident pour nous que le modèle agricole productiviste est responsable de la disparition du bocage, mais nôtre objectif n'est pas de faire le procès de ce modèle qui commence d'ailleurs à vaciller sérieusement sur ses bases , mais plutôt de rechercher avec tous ceux qui par conviction et par intérêt souhaitent agir positivement pour cette foret linéaire qu'est le bocage. En ces temps de commémoration, nous souhaiterions reprendre au compte de la cause bocagère le « ce n'est qu'un début continuons le combat » et en soulignant le succès de cette manifestation regretter son peu d'impact sur notre presse locale... La présence des deux autres associations l'ABD et Plantes et Fruits Brayons ainsi que la mobilisations du LPA du Pays de Bray n'ont pu que contribuer à cette réussite. La prochaine étape devrait être la venue d' Yves GABORY, le directeur de la mission bocage du CHOLETAIS afin de bénéficier de son expertise. Notre projet étant de réfléchir aux outils et stratégies permettant de façon très concrète de conserver et développer notre bocage, colonne vertébrale du paysage brayon. Nous devrions pouvoir compter sur le soutien de nos élus si l'on se réfère aux contacts pris et à la tribune publique « l'environnement un enjeu majeur » publiée dans la lettre du département N°35 de Mars 2008. Aux actes citoyens, l'arbre et la haie ont besoin de notre soutien concret. Dittmar HEDREUL |



