Apprendre à peindrePublié le 03/08/2011 à 12:40 par diablotins Apprendre à peindre Il y a plusieurs manières d’apprendre à peindre, qui se complètent : 1) En regardant la nature( et souvent en dehors de la séance de peinture) ; de quelles couleurs sont ces lointains ? ce reflet est-il net ou flou ? Ce vert éclairé par le soleil est-il jaune ou presque blanc ? Quelle et la couleur de la partie ombrée de cet arbre ? de son ombre portée ? Comment cette fleur se détache-t-elle sur le fond vert des arbustes , ou sur le ciel ? A partir de quelle distance est-ce que je distingue les feuilles d’un arbre ? Quelle est la couleur du creux de ces vagues par temps gris ? L’utilisation d’un appareil photopeut être une aide précieuse . Mais à condition qu’il ne remplace pas le regard prolongé et sélectif de l’observateur : combien de gens ne voient qu’après coup une minuscule partie d’un paysage qu’ils n’ont pas su contempler ni apprécier sur le moment. La mémoire visuelle se perd .. La photo ne remplace pas la mémoire , elle la perturbe souvent. 2)Tout aussi important: en regardant les tableaux des autres peintres, du présent et du passé : expositions, musées, et monographies de grands peintres ( en sachant que les couleurs sont rarement fidèles) La copie permet aussi d’approfondir le regard. ( voir article « Copier des tableaux ») 3) En expérimentant, parfois au hasard, les moyens techniques dont on dispose, et l’aquarelle offre beaucoup de possibilités. Il faut prendre quelques risques et ne pas avoir peur de rater une aquarelle. 4) En tirant part de ses échecs , pour réajuster constamment son travail. On peut conserver les aquarelles à demi ratées dans un carton et les ressortir quelques mois après pour les analyser. On peut se demander aussi pourquoi telle aquarelle est réussie… 5) En suivant librement les conseils d’un ou de plusieurs autre(s) peintre(s) qui vous incite(nt) à corriger vos défauts , à approfondir vos qualités et à découvrir progressivement votre propre style. 6) Ne pas confondre le style et la « manière ».Certains peintres sont très virtuoses dans leur manière de peintre un ciel, ou des barques sur une plage, mais ils peignent toujours le même tableau…ce que l’on voit notamment dans certains lieux très touristiques. 7) les livres consacrés à la pratique de l’aquarelle se comptent par dizaines. Méfiez-vous de ceux qui proposent des recettes uniquement d’après leurs propres tableaux surtout si les reproductions ne vous semblent pas convaincantes. 8) Contrairement au musicien , le peintre est plutôt individualiste et solitaire dans son atelier ou « sur le motif ». L’atelier collectifpermet de rencontrer d’autres peintres et de partager leur expérience, de prendre conscience de la diversité des approches, des tempéraments et des styles . Le choix du papierPublié le 09/09/2010 à 15:12 par diablotins Le choix du papier est essentiel; trop de débutants se découragent en voyant les résultats de travaux effectués sur des papiers trop fins, qui se gondolent ou qui absorbent mal l'eau ( trop ou insuffisamment) surtout pour les techniques humides. Mieux vaut choisir des couleurs moins "fines", ou même se contenter de pinceaux" d'écolier", plutot que de lésiner sur la qualité du papier, bien moins coûteux qu'une toile de toute façon. J'utilise pour ma part le papier Arches 300 gr., en grandes feuilles 56/76 cm, grain fin.C'est un papier qui ne jaunit pas et se conserve très bien; j'ai fait subir à quelques aquarelles le supplice de la baignoire: les couleurs se sont à peine altérées..car elles ne restent pas à la surface et sont bien absorbées .( c'est malgré tout une pratique barbare à éviter!) Une feuille coupée en quatre permet d'obtenir 4 feuilles de 28/38 cm. Il faut un support (carton à dessinou petite plaque de contreplaqué correspondant au format. Des pinces à dessinde petit format , ou des pinces à linge sont indispensables pour fixer sa feuille. Un petit chevalet de table permet aussi d'incliner le support, ce qui est très utile pour les lavis. Il existe aussi des blocs de différents formats. Vous pourrez tester toutes sortes de papiers, par la suite.et notamment les papiers à gros grain ( grain"torchon") Les contrastesPublié le 09/02/2012 à 18:38 par diablotins Peindre , c'est animer une surface par une série de contrastes plus ou moins marqués. Un contraste est une opposition marquée entre deux choses, chacune faisant ressortir l'autre. Prenons le contraste des valeurs : le clair s'oppose au sombre, ce qui traduit le contraste entre la lumière et l'obscurité appelé "clair-obscur"en peinture. Si , au lieu d'opposer le noir et le blanc on mélange ces deux valeurs , on obtient toutes les nuances de gris,de même qu'en mélangeant de l'eau froide et de l'eau chaude on obtient de l'eau tiède. Il en est de même pour la couleur. Les complémentaires ( Rouge / vert ; bleu/orange; violet/jaune) se renforcent lorsqu'on les juxtapose mais elles se neutralisent quand on les mélange. On reconnait un artiste à la qualité de ses teintes neutres: il ne faut pas confondre colorer et colorier. Peindre , c'est donc plus précisément utiliser à la fois les contrastesqui structurent l'mage et les nuances qui "amortissent" et assurent des transitions.
Premier exercice ; les valeurs Peindre un rond blanc sur fond blanc 1 Dessiner au crayon un cercle au milieu d'une page blanche 2 préparer un gris assez neutre 3 appliquer ce gris sur le bord extérieur du cercle ( largeur d'un trait de pinceau) 4 sans attendre que cela sèche , estompez le gris en le " tirant" vers l'extérieur et en le diluant pour rejoindre le blanc pur du papier, comme si l'on voulait l'effacer. 5 attendre que cela sèche et effacer le trait de crayon. 6 observer: --le cercle blanc se détache nettement sur le fond blanc grace au gris qui l'entoure et se perd ensuite dans le blanc extérieur. - on constate que le blanc de l'intérieur du cercle semble nettement plus blanc que le papier resté vierge tout autour(après le gris estompé) Conclusion pratique: pour qu'un objet se détache sur un autre , il faut partir du bord(intérieur ou extérieur) en accentuant le contraste dans la zone de contact. Ce sera évidemment l'inverse si l'on veut créer un sorte de halo autour de l'objet ( le soleil dans le brouillard, par exemple).
Des couleurs et de leurs relations Il y a dans mon jardin, juste au-dessus du bassin, un massif de rosiers roses. J’en supportais mal la couleur…au point de vouloir les remplacer. Pourtant, après comparaison, il s’avéra que c’était presque exactement la couleur d’un autre rosier acheté sur un coup de cœur la semaine précédente ! Derrière l’un des rosiers de ce massif avait poussé un buisson de fleurs mauves ; la solution était trouvée : l’association du rose et du mauve faisait une dissonance vraiment désagréable. Ce n’était pas le rosier qu’il fallait déplacer, mais le buisson de fleurs mauves… On s’acharne parfois inutilement à retoucher une teinte, alors qu’il suffirait de modifier une ou plusieurs des couleurs voisines. Certains musiciens ont l’oreille absolue, il n’y a pas d’œil absolu. Essayez de choisir une teinte de mémoire pour retoucher un papier peint abimé…vous serez surpris du résultat. C’est qu’en effet les couleurs sont relatives. Une première teinte posée n’est jamais définitive : elle sera modifiée par celles qui vont l’entourer progressivement. La difficulté est de savoir anticiper ce que donnera cette couleur dans l’harmonie générale du tableau. Un exemple : je commence par le ciel , qui est assez souvent une des valeurs les plus claires ; par rapport au blanc du papier, les teintes posées me semblent assez vives ; même après séchage. Une fois la feuille couverte, je me rends compte que mon ciel est décoloré. Ce qui est vrai pour les valeurs l’est encore davantage pour les couleurs. Ce vert me semble éteint ; j’ajoute dans les blancs réservés quelques touches de rouge…le vert se met à briller. Delacroix : « Donnez-moi de la boue, laissez-moi l’entourer et j’en ferai de l’or. » Distinguer les valeurs et les couleursPublié le 05/08/2011 à 18:58 par diablotins couleurs et valeurs Il est indispensable de distinguer les valeurs et les couleurs
Valeurs : tous les degrés du clair au sombre On parle de valeurs tonales ou simplement de tons, clairs ou foncés ; Les valeurs et leurs contrastespermettent d’assurer la lisibilité du tableau, même dans la pénombre, indépendamment des couleurs ( photo en noir et blanc, gravure, lavis chinois etc.) ; Les couleurs ont des valeurs différentes : par exemple, le jaune a une valeur plus claire ( à saturation égale) que le bleu ou le rouge ; Exercice ( avec photoshop ou un autre) : prenez une photo et supprimez les couleurs Ou bien supprimez les contrastes ; Peintres valoristes : Rembrandt ( clair-obscur), Corot etc. Peintres coloristes : les Primitifs, Renoir , Matisse etc.
Couleurs : l’arc-en-ciel, le prisme ( pour le peintre il n’y a que six couleurs) On appelle teinte une couleur composée par le peintre ( ou la « nature ».)
1 On distingue les couleurs primaires ( en majuscules)et les couleurs secondaires ; ROUGE orange JAUNE vert BLEU violet
2 Les couleurs complémentaires : une couleur primaire et le mélange des deux autres primaires Ex la complémentaire du ROUGE est : JAUNE+BLEU= vert Violet ( ROUGE+BLEU) complémentaire ? le JAUNE Très important dans la pratique : Deux complémentaires juxtaposées s’exaltent ( un rouge coquelicot sur le vert d’une prairie) Deux complémentaires mélangées se neutralisent ( rouge +vert : marron)
3 Les couleurs chaudes et les couleurs froides : Rouge orange jaune ( soleil) Vert bleu violet ( ombre) En réalité, le passage d’une couleur à une autre est insensible ( vert-jaune ou jaune-vert ?) Dans la pratique, on peut réchaufferune couleur ou la refroidir. ( un vert plus jaune ou plus bleu ;, un rouge tirant vers l’orange ou le violet, etc. ) Retoucher une aquarelleOn dit souvent que l"'aquarelle ne se retouche pas".Ce n'est pas tout à fait exact: Il est vrai que l'huile, la gouache et l'acrylique permettent de recouvrir une tache malencontreuse ou une partie ratée que l'on aimerait bien alléger ou recommencer . L'idéal de l'aquarelliste est bien sûr de peindre du premier jet, en transparence, sans retours , sans "repentirs" ( mot bien connu des peintres et des restaurateurs de tableaux ). C'est oublier que toute vraie penture, si elle ne se réduit pas au coloriage, est une succession de touches, de corrections, de retouches et d'approximations jusqu'au moment où l'on juge que le tableau est" fini". ( et le difficile est de savoir s'arrêter à temps) Une règle à retenir: les tons clairs peuvent toujours être recouverts par des tons plus foncés, mais l'inverse n'est pas possible. Si l'on veut recouvrir une teinte claire, il faut anticiper le résultat: unbleu sur un jaune prendra une teinte verte par exemple. Certaines superpositions ont un aspect sale, terreux, "plombé". Toujours veiller à la transparencede la couche que l'on superpose; (technique du glacis) surtout pour les surfaces importantes. Faire glisser la couleur , sans frotter. Que faire lorsqu'on veut atténuer une couleur trop vive ou trop foncée, et qui a séché ?(Rappelons qu'il est toujours possible de revenir sur une couleur encore humide) La surface peut être lavée et légèrement frottée à l'eau pure avec une éponge ou, mieux, un pinceau à poils assez rigides ( "langue de chat") ce qui permet de mieux contrôler son travail qui doit être lent et appliqué, même si l'on est pressé ; Veiller à ne jamais attaquer la surface du papier. On peut aussi gommer une surface (bien sèche)pour en atténuer la couleur, sans abîmer le papier. Certains utilisent un papier de verre très fin, mais cela rend le papier pelucheux et absorbant comme du buvard Pour dégager des traits blancs, utiliser un cutter( trait net) ou une langue de chat ( trait plus discret, mais moins fin)). Enfin si vous n'avez plus rien à perdre, au lieu de jeter une aquarelle top criarde, trempez-la dans baignoire. .Vous verrez. Je ne garantis pas le résultat! P.A La composition ou "mise en page"Publié le 24/01/2010 à 23:15 par diablotins Tags : image musique nature art peinture paysage fond travail cadrelivre enfant neige papier dessin lecture mode background méditation
La mise en page : ne pas confondre mis en page et dessin. La mise en page est un travail rapide mais essentiel. Il s'agit de mettre en place les lignes de force de l'image. Placer la ligne d'horizon. Situer les points forts, créer un parcours pour le regard. Le parcours de “ lecture ” de celui qui regarde le tableau ne correspond pas aux parcours de l'exécution. Par exemple, si je commence par le ciel, toujours plus clair et plus lointain (à l'exception d'un paysage de neige), ce qui donne en quelque sorte la clé du tableau, pour redescendre ensuite par plans successifs jusqu'au bas de l'image, le spectateur, lui, (trouver un autre terme), après une vision globale, choisira spontanément des parcours personnels. Il s'agit donc, tout en respectant cette liberté, de guider son regard en captant son attention par quelques points forts bien situés et hiérarchisés. De même qu'il existe en musique des accords fondés sur des rapports mathématiques, certaines lois régissent la composition de l'image, du moins de l'image rectangulaire et plane, qui est la constante de l'art occidental. (Très rares en effet sont les peintres, même parmi les plus subversifs, qui ont osé renoncer à ce format qui correspond davantage à des nécessités matérielles -le châssis du cadre, la géométrie rectangulaire du mur, le format de la feuille de papier analogue à celui de la page d'un livre - qu'à la réalité de notre vision).Cette règle "d'accord" visuel , les anciens l'appelaient lenombre d'or. Pour simplifier, la division de l'image, en trois bandes égales, horizontales et verticales, permet de situer à l'intersection des lignes les quatre points forts du tableau. Les lignes obliques jouent un rôle essentiel. Le plus souvent, elles sont des chemins qui permettent au regard de passer d'un plan à un autre et de donner l'illusion de la profondeur, rejetée par de nombreux peintres modernes L'une des constantes de l'art du XXe siècle semble être en effet le rejet de l'illusion “ réaliste ” héritée de la Renaissance, depuis l'invention de la perspective. Le peintre moderne ne peint plus ce qu'il voit mais ce qu'il pense. Il est en cela aussi intellectuel que l'enfant qui dessine les signes des objets, ce qu'il sait et non ce qu'il voit. C'est un moyen de se démarquer et de la vision photographique et de sa profondeur de champ. L'une des explications de cette exclusion de la profondeur est peut-être l'abandon du paysage et la prédominance de la figure (du portrait) et de la nature morte qui peuvent bien se passer de la profondeur, problème résolu par le fond noir et presque uniforme des peintres hollandais. Mettre sur le même plan le motif (figure ou objets) et le fond sur lequel il se détache, permet de donner au tableau son unité. Il est beaucoup plus difficile de renoncer à la profondeur dans la peinture de paysage. Comme le dit Cézanne, à qui l'on attribue la paternité du cubisme, “ la nature et plus en profondeur qu'en surface, d'où la nécessité des bleutés pour faire sentir l'air. ”. On dira que les peintres modernes n'ont pas tous renoncé en fait à la profondeur. Le cubisme classique exploite les trois dimensions, mais refuse le point de fuite unique. C'est une peinture synthétique qui décompose et recompose les formes en toute liberté.Le Surréalisme exploite l'illusion du "trompe- l'oeil". Le rejet de la perspective est un choix que je comprends, mais une liberté qui ne me convient pas. Pour moi, le regard a besoin de profondeur. Il est attiré par le lointain, et le peintre dispose de multiples moyens qui lui permettent d'exprimer l'éloignement, de faire voyager le regard dans la troisième dimension. Qu'il s'agisse des proportions respectives des objets, de l'intensité des couleurs et des valeurs, du net et du flou (un des atouts de l''aquarelle) et surtout des lignes obliques qui structurent l' image. pour compléter: (source: wikipedia) La Cité idéale (de Piero della Francesca ?)[modifier] |