La pratique de l'aquarelle


Il y a beaucoup d’idées reçues sur l’aquarelle : ce serait un art facile, voué uniquement à la légèreté, la fluidité, la transparence, l’évanescence. La vigueur, l’intensité, la profondeur lui seraient interdites…Préjugés tenaces que ne partagent pas ceux qui ont déjà pratiqué sans trop de timidité cet art à la fois spontané et exigeant.  En fait les ressources de l’aquarelle sont presque illimitées. 

Les grands formats ne lui sont pas interdits : pourquoi s’en tenir au simple croquis de voyage rehaussé de couleurs ? Il s’agit d’abord de peinture. « Le dessin et la couleur ne sont point distincts, au fur et à mesure que l’on peint, on dessine. » disait Cézanne, un des maîtres de l’aquarelle.

Le peintre peut jouer sur la transparence ou l’opacité des couleurs, leur fluidité ou leur intensité ; certes le noir et le clair-obscur  conviennent peu à l’aquarelle, mais il suffit « de transposer en clair » selon le conseil du peintre Dufy, auteur d’aquarelles lumineuses et colorées .   

 Les limites apparentes de ce moyen d’expression sont aussi ses atouts : les retouches et les « repentirs » sont interdits. Il faut alors trouver immédiatement la note juste, travailler dans l’instant, faire confiance à son intuition. La critique nécessaire viendra ensuite, au moment de « l’épreuve du mur » quand ce condensé de minuscules instants, de milliers de choix instantanés, sera devenu l’image définitive et immobile présentée dans son cadre.

 

Je me consacre presque exclusivement à la peinture « de plein air ».

Pour moi, le bonheur de peindre, c’est la contemplation d’un paysage mais aussi la fébrilité de l’action, soumise aux caprices du temps, aux sympathies aléatoires du papier, de l’eau et des pigments, aux mélanges fortuits qui offrent de beaux gris sur des fonds de palette, ces teintes indéfinissables qui hésitent entre plusieurs couleurs, les beaux gris colorés…..

Mais il faut savoir s’arrêter à temps, apprendre à exécuter une peinture sans la mettre à mort, et à y mettre fin sans l’achever. Ne pas être le bourreau des palettes, des pinceaux et des feuilles immaculées ! 

Patrick Adam

 

Sous-pages (1) : quelques notions à retenir