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La peinture a-t-elle encore un avenir?

On ne cesse de répéter que la peinture et morte, qu'elle n'a plus rien à dire, que son aventure est terminée, après le coup "fatal" que la photographie lui a porté. Pensée courte !

Comme si l'on disait que l'amour n'est plus possible :à quoi bon s'aimer  puisqu'on sait tout de lui après Stendhal, Dostoïevski, Tolstoï , Proust et Svevo ; à quoi bon s'aimer, puisqu'il n'y a plus de posture amoureuse nouvelle ?

Ce qui est mort, c'est l'histoire de la peinture., celle des" ismes";celle du peintre démiurge, de l'artiste explorateur découvrant des terres vierges. Et surtout, celle du critique tout-puissant, investi de sa mission d'impresario , de dénicheur de talents, de promoteur de futurs génies.  Celle aussi des hauts fonctionnaires de l’art, soucieux de ne pas rééditer les erreurs monumentales de leurs aînés, tant le jugement du futur est impitoyable ; c’est oublier que le futur n’est pas un, qu’il a aussi ses engouements, ses tendances, ses partis’-pris.

Dans ces conditions,  comment créer sans plagier ? Comment s'émanciper ?

 Non pas  un nouveau langage, mais l'expression de soi par les lignes, les formes, les couleurs et les valeurs, dont les combinaisons sont infinies ?

Mais le problème est plus complexe : parmi ces combinaisons, certaines nous touchent encore, témoignages d'un passé révolu. (Car tous les passés ne sont pas révolus ; certains sont riches d'avenir, mais comment le savoir aujourd'hui ?) 

( à suivre)