Je suis à la porte, j'y serai bientôt.
Et cette porte que j'oublie parfois de fermer la nuit, que j'ouvre lorsqu'il fait trop chaud pour faire "courant d'air",
se refermera dans quelques mois et pour toujours derrière moi.
Je laisserai derrière la porte close les souvenirs douloureux des moments que j'ai vécu là, j'y laisserai aussi les souvenirs heureux
qui me retiennent encore.
Je m'en irai légère sur les routes de France...
J'ai déjà tout quitté et laissé tous les objets chargés de souvenirs derrière la porte refermée d'un passé (non révolu).
Cette fois ci, j'aimerais avant de franchir la porte avoir mis à l'abri de l'oubli les choses du passé dont mon présent semble encore avoir besoin.
Nomade sans roulotte, j'ai besoin de savoir que quelques portes s'ouvriront pour des haltes ponctuelles où des sourires amis accueilleront mes pas.
Voyageur sans bagage chargé de mes talents, je voudrais partager les cadeaux de la vie au gré de mon errance,
enchanter en passant, soigner, donner sans rien attendre,
et prête à recevoir aller à la rencontre de bonheurs à partager,
de rires, de riens, de tout ce qui se présente...
J'aimerais avoir l'illusion d'être attendue, bienvenue derrière les portes qui s'ouvrent avant que l'on y frappe.
Je ne veux pas de clarification violente, j'accepte vos mensonges s'ils m'aident à vivre le présent.
Ne sortez pas vos pompes à venin pour extraire de moi des choses que j'ignore, respectez mon silence et de grâce ne parlez pas des choses qui ne m'intéressent plus. Je ne veux partager que l'instant qui passe simplement sans commentaires et sans explications.
Ne m'expliquez rien, à moins que je ne le demande. Laissez moi vivre en paix dans l'illusion qui recouvre les choses d'un voile irisé. Je vous aime absent. Votre présence charnelle suffit à réchauffer mon corps et nos âmes voyagent dans des univers séparés
pendant que nos corps vibrent dans un organique présent.
Il n'y a plus de porte entre le ciel et l'eau et l'horizon s'entrouvre pour l'union sans objet de deux univers qui se frôlent.
Il n'y a plus de porte entre morts et vivants et le chant des vivants se mêlent à ceux des morts.
Il n'y en a jamais eu entre la vie et la mort. En entrant dans la vie tu as quitté les ombres, en entrant dans la mort tu es entré dans la lumière. Ta lumière m'éclabousse et dilate mon coeur, je suis ici encore, mais déjà je perçois que l'ombre et la lumière n'ont pas d'autre fonction que de rendre plus vrai ce qui n'a pas fini ou n'a jamais été. Je suis devant une porte qu'il me suffirait de pousser pour entrer dans le nouveau présent et dont je n'ai pas encore la clé ! |