amour et creativite

JAPON

TAROT DE MARSEILLE

CORRESPONDANCE et AUTRES ÉCRITS

notes personnelles

Le Roi des Cerfs

Avez-vous entendu parler du cerf d’or ?
Ses yeux sont des joyaux qui percent l’ombre des forêts.
Ses cornes d’or brillent sous la lune argentée.
Ses sabots de nacre glissent à travers les buissons...
On l’appelle Banyan, c’est le roi des cerfs. Il régne sur 500 cerfs.
Mais il n’est pas l’unique souverain de la forêt de Bénarès,
un autre cerf, Branche, régne sur 500 autres cerfs.

Pour aller chasser dans cette forêt le roi de Bénarés, avec les nobles de sa suite, traversaient tous les jours les champs des paysans qui criaient “pitié !”
Les cors de chasse couvraient leurs voix. “que faire” ? se demandaient les paysans. “Creusons des étangs et forçons les cerfs à entrer dans les bois du palais !”
Ce qu’ils firent... Puis ils allèrent trouver le roi et lui dirent
“Majesté, nous ne pouvions plus accomplir nos travaux, vous détruisiez nos récoltes quand vous traversiez nos champs avec votre suite pour aller chasser...
alors nous avons conduit les cerfs dans vos bois
et creusé des étangs pour qu’ils puissent boire...
ainsi vous n’aurez plus besoin de traverser nos champs.

Le roi n’alla plus désormais chasser au delà de ses bois.
Il admirait la harde splendide et remarqua les 2 cerfs d’or.
Il ordonna qu’on ne les chasse pas.
Les flèches épargnaient toujours Banyan et Branche.
Mais chaque jour un cerf était tué pour le festin du roi.
Certains étaient blessés 1000 fois avant de succomber...
Branche vint trouver Banyan et lui dit :
“Ami de la forêt, sois attentif à mes paroles.
Chaque jour hélas, un cerf doit mourir pour le bon plaisir du roi.
Mais nous pourrions éviter des souffrances inutiles.
Il suffirait que chaque jour l’un de nos sujets se rende au palais pour y être sacrifié." Banyan approuva cette sage suggestion. Et il en fut ainsi.
Chaque jour un sujet de Banyan et le suivant un sujet de Branche
se rendait au palais et posait son front sur la pierre du seuil pour être immolé.
Un jour, une jeune biche de la harde de Branche,
mère d’un tout jeune faon, fut désignée.
Dès qu’elle l’apprit, elle alla trouver Branche :
“Seigneur, mon tour est venu de me rendre au palais,
mais mon petit est encore si faible, il a besoin des soins d’une mère.
Pourrais-je y aller plus tard quand il aura grandi ?”
Personne ne peut prendre ta place,
vas au palais selon l’ordre que tu as reçu, répondit Branche.
La jeune biche entendit une voix qui lui disait :
“ne reste pas sans lampe dans la tempête des émotions
l’amour se distille comme un parfum”.
Le coeur serré par le chagrin, elle se rendit auprès de Banyan :
“mon tour est venu d’aller au palais, mais mon petit a encore besoin de moi,
pourrais-je y aller plus tard quand il sera plus grand ?"
- “retourne auprès de ton petit, je veillerai à ce qu’un autre prenne ta place”
Et aussi vite qu’un éclair perce les nuages, il traversa les futaies et les buissons
et vint poser son front sur le seuil du palais.
“un cerf d’or ! prêt à être tué sur la pierre ! que se passe-t-il ? ”
s’exclama l’homme chargé de tuer chaque jour un cerf pour le festin du roi,
en laissant tomber son couteau.
Il courut chez le roi pour lui dire ce qu’il avait vu.
Comme on se rend près un frère qu’on chéri, le roi se rendit auprès de Banyan. “pourquoi es-tu venu sur cette pierre de douleur ?
Ignorais-tu que j’avais ordonné qu’on t’épargne ?
Cerf d’or, dis-moi ce qui t’a conduit ici ?"
Seigneur, répondit Banyan, aujourd’hui c’était le tour d’une jeune biche
dont le faon est encore trop faible pour rester seul, je suis venu à sa place.
Des larmes ruisselèrent sur les joues du roi et tombèrent sur le front d’or de Banyan. S’inclinant vers lui, le roi lui dit :
“ta vie et la vie de la biche seront épargnées.
Relève toi et retourne dans les bois”.
“Seigneur, nos vies seront sauves mais qu’adviendra t-il de notre parenté ?"
Leurs vies aussi seront épargnées, répondit le roi.
Les cerfs du palais seront épargnés,
mais quel sera le sort des autres cerfs de votre royaume, Majesté ?
Leur vie aussi sera sauve.
O roi, reprit Banyan, vous épargnerez les cerfs,
mais qu’en sera-t-il des autres créatures à 4 pattes ?
Animal plein de bonté, dit le roi, ils garderont la liberté.
Ils seront libres, Seigneur, mais qu’adviendra-t-il des oiseaux qui volent dans le ciel ?
Eux aussi seront épargnés.
Seigneur vous épargnerez la vie des créatures à 4 pattes et des oiseaux,
mais que ferez-vous des poissons qui vivent dans les eaux ?
Ils auront aussi la vie sauve, dit le roi.
L’amour était entré dans le coeur du roi.
Il régna sur son peuple avec bonté
et toutes les créatures vivantes de son royaume vécurent en paix et heureuses.
L’Amour est un bouclier...