amour et creativite

JAPON

TAROT DE MARSEILLE

CORRESPONDANCE et AUTRES ÉCRITS

notes personnelles

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C’est l’histoire d’une ancienne petite fille

Dans la forêt
des villes elle vivait insouciante
se nourrissait de vent de paroles et de chants


de rencontres éclairs et d’échanges profonds
        
de bourgeons de sourires de rides au coin des yeux
de racines d’oubli à l’unisson des souffles
d’amitié partagée de voyages intérieurs


Verticale dressée elle était arbre aussi
et puisait dans la terre l’or des matins gracieux

son étoile versait une pluie de lumière
                                        blanche fine et nacrée 

l’éclat d’une émeraude entre ses seins vibrait 

C’est l’histoire d’une ancienne petite fille...
qui est tombée dans un trou de mémoire...
C’est tout noir, les parois sont lisses, sans aspérités,
elle n’arrive pas à en sortir...
Alors elle crie : “envoyez moi des mots !
mais pas n’importe quels mots ! pas des bulles !
envoyez moi des mots qui aient du poids !
pas des qui flottent comme des ballons gonflés à l’ozone...
pas des cerfs-volants sans ficelle !
envoyez moi des mots comme crik corde crampons crochets...
envoyez moi des mots ascenseur !
des mots avec une cédille... pour que je les attrape...
envoyez moi des mots qui éclairent comme lumière !
soleil ! luciole ! bougie... regards...
pas des qui vont nulle part... pas des sans rien au bout...
pas des qui errent comme des nuages...
envoyez moi des mots qui vous tiennent à coeur
pour que je puisse m’y accrocher et remonter jusqu’à vous...
C’est doux c’est chaud c’est tendre...
Puis-je m’asseoir sur le canapé rose devant la cheminée
pour vous raconter mon histoire ?
C’était la guerre en plein été...
Je suis née sous les bombardements, 6 jours après la Nouvelle Lune.
Je suis passée brutalement du silence aquatique
au bruit tonitruant des bombes qui explosent !!
Alors vous imaginez ma surprise, quelques années plus tard,
quand je le vis surgir !
J’étais plus étonnée que l’aviateur perdu au désert de Saint EX
quand les cheveux au vent
des visions accrochées au bord de ses longs cils                           
le regard ébloui d’Ailleurs entrevus au détour d’un instant
tout son corps en dansant pantin sorti d’un rêve je le voyais venir
Et tout changeait de forme, les couleurs scintillaient,
l’air devenait palpable...
Il semblait silencieux j’entendais comme un chant...
Je l’avais rencontré sur le quai d’une gare...
Il m’avait dit : t’as pas 100 balles !
C’était un franc de l’époque, qu’il glissa dans la fente d’une machine qui refusait les 2 pièces de 50 centimes qu’il me colla dans la main...
Et je le suivis dans le train qui remontait sur Paris.

Paris dont les robes des femmes bariolent les trottoirs
Paris et son ciel bleu que griffent les avions
Paris aux places ombragées cachées au coin des rues
où les cris des enfants n’effraient plus les pigeons
Paris dont les oiseaux nichent au pied de notre-dame
et rasent en piaillant les remous de la seine
Paris si plein de toi Paris si plein de nous
que mon coeur s’apaise quand il marche à ton bras
Paris notre complice aux réverbères amis
Paris aux marchandes de fleurs
à qui tu fais la cour en m’offrant un bouquet
Paris nos jours de fête et nos soirs de tristesse
Paris nos rires d’enfants et nos mains qui se pressent
Paris dans une gare pour courir dans les champs
Paris dimanche matin quand chacun dort encore
que tout nous appartient
Paris comme un piano morceau pour quatre mains
Paris et son printemps les premiers bourgeons
s’ouvrent dans l’ile saint-louis
Paris bruyant le jour, silencieux à cinq heures
et presque recueilli en attendant demain
et Paris sous la pluie quand l’orage est si proche
que la pierre devient blanche
Paris sous le soleil éclatant de beauté
que l’été met en fête aux terrasses des cafés
Paris comme un sourire accroché à nos cœurs...
Paris mon bel amour aux multiples visages...
Il n’avait pas 20 ans, j’en avais déjà 30 ! 
il suivait ses études, et j’avais 2 enfants
J’étais un peu la mère, j’étais un peu la femme,
j’étais un peu la sœur... j’étais parfois l’enfant
J’aurais voulu lui dire :
Dans 10 ans mon amour tu n’auras que 30 ans
et ces 10 ans toujours resteront entre nous
Une vague éclatée une chanson peut-être
te diront qu’autrefois se disait aujourd’hui
Et je serai pour toi rencontre de hasard
et souvenir d’un train qui roule dans la nuit.

J’ai regarde passer les trains j’ai regarde passer la vie
de temps en temps j’ai pris le train de temps en temps j’ai pris l’avion
J’ai regarde vivre les gens ils étaient tous très différents
mais ils cherchaient tous le bonheur
J’ai des amis un peu partout
si vous voulez les rencontrer prenez le train prenez l’avion !
Ma mère me tapait sur la main quand je jouais dans mon assiette
ici on mange avec ses doigts
J’ai des amis un peu partout
si vous voulez les rencontrer prenez le train prenez l’avion !
Je plongeais nue dans ma baignoire enfermée entre quatre murs
je puise l’eau au bord des vagues les bras levés vers le soleil
je la renverse sur mon corps drapé de soie multicolore

J’ai regarde passer les trains j’ai regarde passer la vie
de temps en temps j’ai pris le train de temps en temps j’ai pris l’avion
On invitait pour le café on offre ici les mains jointes
tout ce qu’on a aux étrangers
J’ai des amis un peu partout
si vous voulez les rencontrer prenez le train prenez l’avion !
Chacune s’affaire autour de moi l’une imprègne mes cheveux d’huile
l’autre les tresse dans mon dos pendant qu’une petite fille
trempe son doigt dans la peinture et colore mes pieds de rouge
et des vendeurs m’ont proposé sac en serpent collier de pierres
pour un briquet made in Paris
J’ai regarde passer les trains de temps en temps j’ai pris l’avion
le chien s’endort sur le tapis
et le clochard se met au chaud sur une grille de métro
l’un brûle ses poils à la flamme l’autre tremble de froid dehors
J’ai regarde passer les trains j’ai regarde passer la vie
Ailleurs on croit qu’il fait meilleur c’est loin des yeux et loin du coeur
bêtes et hommes cohabitent en liberté dans la misère
mais c’est si loin mais c’est si beau on croit rêver on rêve un peu
J’ai regarde passer les trains j’ai regarde passer la vie
de temps en temps j’ai pris le train de temps en temps j’ai pris l’avion
et le dernier que j’avais pris a déraillé avant son coeur
Quelques jours après que mon fils m’ait plantée sur le quai d’une gare
en me disant “tu n’es pas ma femme !” Il me dit “tu n’es pas ma mère” ! Alors je suis partie ! en Inde !
Chaque fois qu’un jeune homme au sourire éclatant
m’éblouissait de sa beauté, je croyais le voir
Il traverse l’espace et les couches d’oubli
et heurte dans mon rêve la porte de mon coeur
avec la cadence inlassable des vagues qui se brisent en fracas
dans la baie sablonneuse aux parois de rochers...
Et j’allume la lampe et j’écoute la vague
et je trace ces lignes au milieu de la nuit
et me rendors enfin...
Mes amours de passage s’étonnaient de m’entendre gémir
en murmurant son nom.

J’avais 40 ans, parcouru l’Asie, lorsque à mon retour,
je l’ai rencontré...
Il a 20 ans des yeux d’azur des maladresses à faire sourire
et des tendresses inattendues
Il dit “Je t’aime” au pluriel !
Sirène en fleur elle l’entraîne au fond des mers de l’inconscient
Algues de chair entrelacées ils dérivent au gré du flot de leur amour
La certitude a des rochers où se blesser
et la tendresse au sable chaud de la douceur au crépuscule
Comblés d’amour ils ont trouvé la Terre promise,
le Feu de vie, l’Air des soupirs, l’Eau du désir
et leur Amour comme un repère éclaire un chemin dans la nuit...

Je voulais le garder comme on garde un instant
captif du miroir un rayon de soleil
mais je l’ai renvoyé plus brillant d’être
une jeune fille qui n’attendait que Lui.

Sur la route j’ai croisé un homme de mon âge. Le seul !
Il est mon père ma mère mon enfant mon grand-frère
l’amant des heures claires et l’absent de mes nuits...
J’avais écrit une lettre à sa femme... que je n’ai jamais envoyée :
Si mon amour pour lui a su forcer son coeur c’est avec vous dedans
Je connais son amour pour vous et vos enfants
et qu’il fut déchiré - je n’en suis plus si sûre ! -
S’il lui fallut choisir il vous aurait choisie - c’est ce qu’il a fait ! -
Vous resterez sa femme et je suis son amie.
De son amour pour moi ne prenez pas ombrage.
Il nous aime Madame.
Et j'ose être moi-même !

Magicienne
J’ai charmé ceux qui m’indiffèrent certains ont aimé mon image
d’autres ont tenté de la changer
En l’aimant je suis devenue fragile
et je lui ai donné le pouvoir de me troubler l’âme et le corps
Et puis mon coeur s’est ouvert et je n’ai plus séduit personne.

10 ans de plus sans lui ont coulé sous les ponts
je vais quitter Paris je n’y respire plus
mais j’emporte avec moi l’image de nos corps enlacés
qui traversent l’espace qui s’enfuit...
J’ai regardé passer les trains j’ai regarde passer la vie
de temps en temps j’ai pris le train de temps en temps j’ai pris l’avion
J’ai regarde vivre les gens ils étaient tous très différents
mais ils cherchaient tous le bonheur.

Je l’ai cherché longtemps Je ne le cherche plus.
J’aurais aimé qu’il soit créateur amoureux
homme orchestre danseur magicien généreux !
Qu’il n’ait pas peur de perdre en donnant son amour
et sache recevoir...
Il osera dire “je t’aime” sans craindre d’être aimé.
Lentement il se hâte sans savoir que ses pas le conduisent vers moi.   
Fais confiance et sois heureuse sans t’offrir la tension de l’attente.
l’Amour est une pulsation que le temps ne rompt pas.
Vivre est une grâce que la vie nous accorde.
Avance sans te blesser sur le chemin
qui conduit à la Paix et à l’Amour.