«JUSTICE» comment est né ce journal ?
1900 : contexte politique
Février 1900, de grandes grèves pour l’augmentation des salaires éclatent à la Martinique notamment sur les habitations du Nord (Basse-Pointe, Le Lorrain, Sainte Marie). D’autres villes dont le Lamentin, le Robert sont touchées. Le gouvernement envoie la troupe. Les grévistes du Robert se dirigent vers l’usine du Galion et là se produira le drame. On compte dix morts et douze blessés graves. Cette tuerie n’intimide pas les grévistes et la grève menace de s’étendre au Sud. En France, c’est l’indignation. Jean Jaurès compare ce massacre à celui qui eut lieu le 1er Mai 1891 à Fourmies (Nord de la France) et qui y fit neuf morts et 35 blessés.
Ce mouvement reste un moment fort de l’histoire sociale de la Martinique. En effet, on assiste à l’émergence du mouvement socialiste et à la création de plusieurs syndicats. A Paris, de jeunes étudiants martiniquais, (Joseph Lagrosillière et Jules Monnerot entre autres), créent un «Groupe Socialiste des Antilles» et fondent ensuite un journal «Les Antilles Socialistes».
De retour à la Martinique, après de brillantes études de philosophie, Jules Monnerot participe à la rédaction de divers journaux socialistes. Passionné d’histoire, il édite, en 1915, la revue «Bulletin d’Histoire de la Martinique». En 1917, il devient le rédacteur en chef du journal «La Démocratie Coloniale» (journal du parti socialiste).
1910 – 1912 : l’entente républicaine (alliance des radicaux et des socialistes)
Les Radicaux (Victor Sévère) et les socialistes (Joseph Lagrosillière) font alliance et forment «L’Entente Républicaine». Cette entente marque un sursaut des forces de gauche. En 1910, elle remporte un vif succès aux législatives. Néanmoins, cette union fut de courte durée en raison de dissensions entre séveristes et socialistes. En 1912, Victor Sévère obtient le soutien du représentant des usiniers Fernand Clerc (chef de file des Békés «progressiste»). L’affrontement politique à cette période s’apparente davantage à un combat de chefs qu’à un combat politique.
1919 : création du «Groupe Jean Jaurès»
Le 22 juin 1919, lors d’un banquet qui se déroule à Sainte Marie, le socialiste Joseph Lagrosillière et Fernand Clerc signent une alliance en se rassemblant dans un nouveau groupement, «Le parti républicain schoelchériste». Cette alliance Clerc/Lagrosillière représente en fait «l’alliance du Capital et du Travail». Cet accord provoqua un scandale et une scission au sein du parti socialiste. Ainsi, en réaction à cette alliance qui tourne le dos aux intérêts des travailleurs, Jules Monnerot et quelques autres militants dont Léopold Bissol et André Aliker entre autres créent le «Groupe Jean Jaurès».
Le 8 mai 1920 : parution du premier numéro de «JUSTICE»
Symboliquement, le 1er Mai 1920 [Fête du Travail], ce groupe annonce par tract qu’il publiera, le 8 Mai 1920, le premier numéro de son journal «JUSTICE» (Organe des intérêts du peuple]. «JUSTICE» une histoire mouvementée
Il s’agit du plus vieux journal de la Martinique. Au cours de la deuxième guerre mondiale, il a été interdit de parution. Certains de ses responsables ont été sanctionnés : Jules Monnerot (son directeur) ainsi qu’Armand Nicolas ont été démis de leurs fonctions d’enseignants. Quant à André Aliker, gérant et rédacteur en chef, il sera assassiné par les hommes de l’usine en 1934.
Malgré ces vicissitudes, «JUSTICE» est toujours présent à la Martinique mais aussi en France. Ainsi, l’association des Amis du Journal «JUSTICE» qui œuvre à son développement a pour but :
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