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Notre dernière exposition d’ensemble s’est terminée comme elle a commencé, dans la bonne humeur et sans prise de tête. Ne pas trop se prendre au sérieux, voilà une des qualités essentielles lorsque l’on se dit acteur dans le domaine culturel local et régional. Nos initiatives ne seront de toute façon jamais gravées dans la pierre, ni mentionnées dans aucun livre. Mais elles ont le mérite d’exister, et de faire bouger un tant soit peu, le milieu dit “artistique” dans l’associatif. Ce qui m’a marqué le plus, on organisant cette manifestation, c’est l’ouverture d’esprit et l’accueil chaleureux, des autorités mais également des agents communaux de Fontaine-l’Évêque. Tout a été fait pour que cette dernière exposition soit une réelle réussite. Et elle le fut. Tant par son contenu, mais aussi par le contenant. L’un mettant en valeur l’autre. Il est vrai que les locaux mis à notre disposition au château Bivort ont une vraie valeur architecturale. Tout le monde a suivi : le public, la presse, les médias. Évidemment, la récompense n’est pas seulement le fait d’avoir mobilisé du monde. Mais ce sont les échos, les marques de satisfaction que les exposants et les animateurs ont perçu en observant les visiteurs, qui ont le plus convaincu. Ces nombreuses réactions positives ne sont que le résultat mérité d’un travail de qualité produit par les artistes. Le fait de donner le maximum de soi-même se ressent devant l’œuvre, la passion qui les anime tous est le moteur qui fait avancer le groupe, qui le fait grandir et mûrir. A ceux qui fréquentent soit l’atelier de Cécile, soit un des miens : encore merci. Ma grande inquiétude, celle qui ma tenaillé durant de longues semaines, était de ne pas offrir aux exposants, aux invitants et au public, un espace aéré et confortable vu le nombre considérable d’œuvres présentées. Jusqu'à la dernière toile accrochée, au dernier réglage de la lumière, le doute a subsisté. Enfin, lorsque nous avons dégagé l’espace afin de mettre en valeur les travaux présentés, j’ai senti l’apaisement et la décontraction m’envahir. Notre travail était terminé, le produit du mieux que l’on put. Il restait l’épreuve du vernissage. Mais demain est un autre jour. L’autre jour. Le soir du vernissage. Qu’en dire. Ceux qui étaient présents ont vu. Cette foule compacte, dense, fidèle au rendez-vous, déjà acquise. Et portant, la grande majorité venait de l’extérieur, et ne connaissait, ni le château, ni ses alentours. Les discours officiels achevés (celui de l’Échevin de la Culture fut du grand art, comme à son habitude), ma soirée s’est déroulée dans un brouillard qui faisait tampon face à la réalité, qui m’a mis dans un état second. Celui que l’on ressent lorsque l’on sait que les jeux sont faits, qu’il n’y a plus qu’à laisser couler, lorsqu’on ne maîtrise plus rien. Mais le mérite, je ne peux pas me l’approprier, tout est travail collectif, c’est le propre de l’associatif. Chaque exposant, chaque animateur et animatrice, chaque partenaire (Ville, Centre Culturel, Échevinat de la Culture, Maison pour Associations) a le mérite d’être un des acteur de cette admirable mise en scène. J’ai également une pensée pour les membres du groupe qui n’ont pas exposé, soit parce que le temps leur a manqué, soit que leur niveau technique ou artistique n’est pas encore abouti, vu leur récente rencontre avec l’art. Mais également pour ceux qui ont quitté le groupe pour diverses raisons, études, travail, famille, ou plus simplement par goût du changement. L’herbe est toujours plus verte ailleurs, dit-on. Tous, ont apporté leur contribution à l’évolution des ateliers, à notre évolution ; et nous tous, les en remercions. Il est vrai que j’ai évoqué le fait que ce sera la dernière exposition du groupe telles qu’on les a conçues jusqu’à présent. Je maintiens : malgré les nombreuses interrogations qui m’ont été posées depuis. Dès l’origine des ateliers, il y a quinze ans, systématiquement, nous organisons une exposition biennale, dans des lieux divers. Celle-ci fut la septième, et la dernière. Je crois que persister sur ses acquis, recommencer sans cesse le même scénario est une erreur, même si au fil des ans notre popularité, et la dimension prise par nos activités, n’ont fait que croître. Cependant je dois également avouer que prévoir, concevoir, et finaliser de telles manifestations demande beaucoup de temps et d’énergie. Toutefois, nous n’allons pas en rester là, heureusement. D’autres objectifs se dessinent face à nous. Il y aura des barricades à franchir, des gués à traverser, mais nous le ferons avec le temps. Comme annoncé, sur TéléSambre nous aimerions travailler, avec tout le groupe, en partenariat avec d’autres associations, centres culturels et autres, à des activités communes, dans ou hors entité. Comme membre administrateur du Centre Culturel local, je sais qu’il y a une potentialité, avec l’aide du département Culture de la Ville, à réaliser de beaux projets. Le plus laborieux, je le sais, sera de convaincre d’autres associations du bien fondé d’avoir des objectifs communs, tout en conservant chacun son autonomie et son mode de fonctionnement. Il faudra installer la confiance, et je sais par expérience, que ce n’est pas chose aisée. Il faut tenter de combler le fossé qui sépare les amateurs d’Art des Artistes Amateurs. A l’heure ou le pays se divise, unissons-nous afin de croître ensemble. Derry Turla |


