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D’Or et de Poussière.

publié le 27 févr. 2012 23:52 par Derry Turla   [ mis à jour : 27 févr. 2012 23:54 ]

Le vent du désert soufflait.
La nuit bleutée tombait.
Sous la tente, le cœur de l’homme tanguait,
le ventre de la femme vibrait.
Le pain pétri gonflait.
Du pichet d’eau sourdait l’amour, le partage, la vie. Sous la tente de vie,
les nomades gouttaient
la présence de leurs deux amis étrangers, François et Cécile.
Leur maison, ceux-ci avaient quittée,
leur confort avaient rejeté
en quête du vrai bonheur
levant au champ d’honneur
de nos luttes, de nos impatiences,
de nos rencontres, de nos patiences,
de nos pleurs, de nos peurs,
de nos désirs en nos cœurs.

Sous la tente, le nomade regardait François; il le voyait courageusement porter le bois, ciseler de ses ciseaux le monde de sa vie. La femme admirait Cécile qui d’un fil d’amour reliait tous ces instants pour qu’en plein hiver ils deviennent printemps.

Tous en attente
sous le ciel de l’attente,
le ventre de la Femme, soleil levant,
les mains de l’Homme, sillons de sang.
Ce soir, présent est le silence
et la nomade au ventre rond
tel le soleil sur l’horizon s’agenouille sur le sable nu.

Un cri ... libération.
Elle met au monde
son enfant premier né.
Dans le désert le couple entonne :
«Béni soit la vie.
Béni soit la Source.
Béni soit l’Enfant.
Signe de paix et d’Espérance.»
C’était la nuit, ce fut le premier jour.
Chaque instant est bonheur
pour qui marche chaque heure
vers la voix qui le hèle, extérieure,
espérance en son for intérieur.
Le bonheur est l’enfant
que deux êtres s’aimant
conçoivent un accueil du don.
Ils marchaient sur la route et s’appelaient
Myriam, Martin, Luther, Gandhi, Val, Muriel,
Moshé, Marcel et Viviane,
Thomas, Sophie, Catherine et Françoise, Bernadette, Jean Loïc        Ils avaient nom : Olivier, Raphaël, Marie,
Philippe, Derry, David, Antoine, Bénédicte, Anne, Isabelle, Elodie, Alexis et Eugénie, Vital et Julie, Emmanuel et Samuel, Denys, Abdel, Nadia, Abram, Michel, Paul, Joseph, Andrée et Amandine, Sarah, Pierre et Ornella,
et toute la caravane des chercheurs.

Dans le four de tes déserts tu es le souffleur de verre qui par son souffle en passion donne vie à ce sable en fusion.

Pierre Bombeau


Présentation in situ de I'asbl

publié le 20 sept. 2010 05:08 par Groupe acg-art   [ mis à jour le·22 sept. 2010 12:40 par Derry Turla ]

Concerne Groupe de Concertation de Développement Culturel de la Porte Ouest. 

 

Présentation in situ de I'asbl ACG. Art (Atelier de Création Graphique & Artistique)  

 

La création de l'asbl ACG Art part de plusieurs constats. D'une part, les artistes sont esseulés dans 

leurs pratiques, d'autre part, la technique évolue tellement vite qu'il est difficile de se maintenir à jour. 

L'objectif d'ACG Art est donc de mettre en commun le travail de plusieurs artistes. ACG Art travaille 

de manière intégrée de la conception à la réalisation sans multiplication des intervenants. Cette 

méthode permet d'éviter la déperdition des intentions artistiques entre le graphiste et l'imprimeur 

puisque la démarche intégrée concentre ces deux fonctions dans la même structure. 

 

Depuis 1994, à la demande des enseignants de Monceau, l'asbl a lancé un atelier de peinture. Il a 

été déplacé plusieurs fois et se trouve aujourd'hui dans une ancienne classe de l'école de Monceau 

Centre (rue Ferrer). 

 

Les ateliers s'adressent à un public de plus de 15 ans. Ils ont lieu les lundi, mardi et mercredi en 

soirée, de 17h30 à 20h00, le jeudi après-midi, de 14h00 à 16h30. Les ateliers 

sont limités à un nombre maximal de 9 participants. 

Le public est composé de 36 participants (9 personnes X 4 ateliers).  

Les élèves paient une cotisation semestrielle qui équivaut à 6€  par leçon. L'achat du matériel est au 

frais des participants. Mr Turla considère que ces prix sont très démocratiques comparés à ceux que 

l'on trouve ailleurs à Charleroi. Ils n'ont d'ailleurs pas changé depuis 1994. 

 

La méthode 

 

Lorsque l'élève arrive, il commence par une phase d'observation. Il voit les différentes techniques. 

Quand il passe à l'action, il commence obligatoirement par une phase de dessin. Il apprend les 

notions de base : perspective, mise en page, composition. Puis vient la couleur, la matière. 

 

Les élèves gardent une farde dans laquelle ils conservent des documents sur lesquels il ont envie de 

travailler : photos, images, dessins,... Le professeur va dans leur sens. Il appuie certains éléments 

qui « collent » et « enlève » ce qui ne va pas. Le point de vue du professeur est toujours relativisé  

« attention, c'est moi qui dit ça, c'est comme ça que je pense ». Les tableaux restent, bien sûr, la 

propriété de leurs auteurs. Chacun vient avec ses idées. Le suivi est individuel. Il n'y a pas une griffe 

unique liée au « maître ». Cela demande une grande faculté d'adaptation pour le professeur. Cette 

volonté d'être un atelier ouvert qui prend chaque élève là où il est lui a valu quelques critiques. 


Certains estiment que l'atelier n'est pas assez pointu, voire élitiste. Certains élèves suivent par 

ailleurs une formation artistique. L'atelier est pour eux complémentaire. Ils viennent avec leurs 

travaux qu'ils abordent sous un autre angle. 

 

Les élèves viennent de divers lieux : la moitié sont de Monceau sur Sambre, les autres viennent de 

Walcourt, Thuin,... 

 

Par rapport à d'autres formations la structure de l'atelier est familiale. Aux Beaux Arts de Charleroi, 

les élèves sont jusqu'à 80, voire 100 inscrits. L'académie fonctionne de manière plus dirigiste et 

collective. Chacun fait la même chose que son voisin. 

 

Quelques nouveaux projets sont envisagés: 

 

Derry Turla aimerait créer un atelier complètement gratuit le samedi pour des personnes qui auraient 

des difficultés financières ou autres (public émergeant aux CPAS, personnes atteintes de troubles 

mentaux,...). Pour rendre ce service accessible gratuitement, l'atelier devrait bénéficier de subsides 

récurrents. 

 

ACG. Art organise tous les deux ans une exposition des élèves qui le souhaitent. Cela permet de 

donner aux apprenants une ligne d'horizon vers laquelle tendre leurs efforts. 

 

Des activités professionnelles connexes 

 

Monsieur Turla développe, à coté, des ateliers une activité professionnelle personnelle. Il réalise 

notamment des décors de théâtre ou de plateau de télévision (les Amuses Gueules). En 1990, Derry 

Turla a été contacté par le théâtre du Vaudeville pour réaliser des décors. Il n'a jamais fait de 

publicité par rapport à ses services. Les clients sont venus à lui probablement par le bouche à oreille. 

Il a réalisé, à plusieurs reprises, des expositions de ses oeuvres. 

 

Monsieur Turla craint de s'être mal exprimé lors d'une rencontre précédente du groupe. Il constate 

que les jeunes avec lesquels il a travaillé à la Docherie ont moins de moyens que son public 

traditionnel. Il ne faut pas se voiler la face sur cette réalité. Il est pourtant demandeur de travailler 

avec ce public. 

 

Pour des renseignements complémentaires vous pouvez consulter le site internet de ACG. Art : 

www.acg-art.be 

 

Claude Bonte  

Charleroi Chansons  

Centre culturel de Fleurus  

Président du groupe « Culture » 

 

Christof Carlier  

Espace Citoyen Porte Ouest  

Agent de développement communautaire  


Actions de quartier 

Espace Citoyen 

20, rue de La Providence 

6030 Marchienne au Pont 

Baladin

publié le 11 sept. 2010 01:21 par Derry Turla   [ mis à jour : 11 sept. 2010 01:29 ]

Baladin, sur le chemin de ta vie,
tu marches vers ton impossible rêve,

courage confirmé sans trêve
pour prendre à ton pas ta vie.
    Pèlerin, si tu veux vivre,
    ne sois pas un assis
    encore moins un pain rassis
    mais sois joie qui enivre.
Regarde le monde à ton pas ;
les gens pressés vont si vite
que les autres ils évitent
car point le temps n’ont pour le repas.
    Aujourd’hui sur ta route
    tu vois un nouvel havre.
    Au grand jamais il ne navre
    celui qui a fait route.
Nomme le, Repos après l’effort,
Echange dans les solitudes,
Lumière dans ton incertitude
dans la tristesse Réconfort.
    Qu’il soit ton Sanctuaire
    Bleu des bleuets et du ciel
    Vert des arbres et des venelles
    Ocre limon de l’estuaire.
Qu’il ait pour nom
Rouge comme sang et coquelicot
Arc-en-ciel tel un bécot
Or d’un doux prénom.
    Mais sache baladin de couleurs
    que ce n’est pas la maison qui t’accueille
    mais celui qui, bras ouverts, vient sur le seuil.
    A toi maintenant de créer ton bonheur.


Pierre Rombeau

Noël, la nuit du sens.

publié le 26 févr. 2010 08:46 par Groupe acg-art   [ mis à jour : 4 mars 2010 20:59 ]


Sur notre chemin de brumes,

entre des murs tout nus,

quelle sera notre sente

qui à notre vie donnera sens?


Dès les origines au plus profond de la nuit,

l’homme a célébré la lumière

pour sortir de la ténèbre;

célébration de la question primale

«quel sens à ma vie!»


Tel le ventre de la mère

gonflé de toutes les espérances,

notre question éclate

comme germe d’avenir.


Sens de la vie aux point cardinaux,

signe de la diversité des sens.

Quel est le sens de ma vie

aux différents niveaux de mon être,

à tout âge de la vie?


Sens reçu de mes parents

et forgé, personnel, par mon désir d’être Moi.

Point de sens n’est possible à la vie

sans rencontre diagonale

où chacun est route pour l’autre,

lumière créatrice.


Nuit rouge du sang versé,

des promesses des beaux jours,

du feu qui purifie.

Nuit d’Orient d’où éclôt le soleil

pour m’orienter vers la clarté du jour.

Orient des départs qui changent la vie,

la conduisent vers l’horizon renouvelé,

vers une être s’éloignant de l’AVOIR.


Noël, croyant ou incroyant,

de la nuit à la lumière,

de la solitude à la rencontre

d’un amour qui me change.


Noël, fête de la famille

où par la naissance d’un enfant

jaillit un chant d’espoir.

Nos maisons sont-elles murailles 

ou des foyers ouverts

pour l’échange des lumières?

pour l’admiration et la contemplation?


Les pauvres ont accueilli

l’enfant du nouveau sens.


«Il faut avoir du Chaos en soi,

disait Nietzsche,

pour enfanter une étoile dansante.»


Que notre terre humaine

s’ouvre à un ciel d’amour

et que les hommes de bonne volonté

marchent en pèlerin

vers l’orient du renouveau,

dans l'espérance affirmée

que nous sommes appelés

à être messagers d’amour

transformés par sa beauté.


Noël n’est pas un monde de rêve

mais le rêve accompli d’un monde

transfiguré au quotidien.


Vivre mon élan de vie me donne un sens

et me rend incroyablement vivant.

Allume une lumière dans la nuit du ciel

et tu ne seras pas seul.


«Si vous venez vers moi en marchant,

c’est en courant que je viendrai vers vous»

    JALAL EL DIN RÛMI.

    Poète perse 1207 - 1273



Pierre ROMBEAU, Décembre 2009.

Historique d’acg-art.

publié le 26 févr. 2010 08:46 par Groupe acg-art   [ mis à jour : 4 mars 2010 21:00 ]


C’est en 1991, que j’ai eu la chance de rencontrer les directeurs du Théâtre du Vaudeville de Charleroi et du Théâtre Actif de Lobbes. Dès lors, et ce durant de nombreuses années, j’ai travaillé à la conception et à la réalisation de décors pour le théâtre, le cinéma et la télévision, que ce soit dans la région de Charleroi, mais également à Bruxelles, et notamment au Centre Culturel d’Anderlecht et au Comic’Art de Saint Giles.

En parallèle, et suite a une demande de longue date mais que je n’avais jamais finalisée jusqu’alors par crainte de ne pas être à la hauteur ou de ne pas avoir le bon profil, le premier atelier de dessin et peinture a vu le jour à Monceau-sur-Sambre, le 2 novembre 1993.

Étant donné le rapide succès de cette initiative, nous avons étés contraints à rechercher    un nouveau local, le nôtre devenant trop exigu. Nous nous sommes installés à Thuin.

Nos activités se sont succédées à une cadence effrénée, ateliers et travaux de décors en alternance. J’ai pris la décision de passer en asbl.

Mais suite à la demande pressante des autorités locales moncelloises de créer une association d’artistes, j’ai abandonné temporairement mon projet : acg-art resterait un peu plus longtemps en association de fait. Je me suis mis au travail, entouré de deux autres artistes locaux et du directeur de l’école du Centre, afin de réaliser cette association d’artistes. C’est en conséquence que la naissance de Moncell’Art eu lieu en novembre 1996. J’en étais le secrétaire adjoint.

Durant plusieurs années, les expositions se sont succédées en alternance : celles de Moncell’Art, annuelles dans les caves du château de Monceau, et celles des ateliers, tous les deux ans dans des lieux à chaque fois différents, afin d’aller à la rencontre du public. En parallèle, la création et la réalisation de décors continuait, et de surplus, nous nous étions lancés dans la peinture de fresques murales.


Le temps passant, les idées que Moncell’Art défendait correspondaient de moins en moins à ma façon de concevoir notre évolution, j’ai donc décidé de renoncer à mes fonctions. J’ai finalisé le passage d’acg-art en asbl en 2002 et j’ai quitté Moncell’Art en 2006 alors que nous fêtions le 10ème anniversaire de sa création. Durant ces quatre ans, j’ai donc travaillé pour les deux associations. Mon départ s’est concrétisé lors d’une sympathique soirée, et non sans un pincement au cœur. Je suis en conséquence resté en d’excellents termes avec les administrateurs actuels. 

Entre-temps les ateliers se sont établis à l’école du Centre à Monceau, ou après plusieurs aménagements, nous sommes installés depuis quelques années déjà, dans des locaux qui nous sont dédiés et qui nous correspondent. Depuis, nous profitons d’un cadre propice à la création que la Ville de Charleroi met à notre disposition.



Nos expositions


Comme je l’ai expliqué pus haut, nous organisons une exposition collective tous les deux ans qui s'étale sur environ dix jours. Vu le grand nombre de participants, nous sommes obligés de choisir des locaux adaptés. Voici la liste de nos expositions biennales :


 1996 : Centre Culturel, Mont-sur-Marchienne

 1998 : Péniche Notger, Centre Culturel, Thuin

 2000 : Maison du Citoyen, Marchienne-au-Pont

 2002 : Maison Pour Associations, Marchienne-au-Pont

 2004 : Maison Pour Associations, Marchienne-au-Pont

 2006 : Centre Culturel, Mont-sur-Marchienne

 2008 : Château Bivort, Fontaine l’Évêque


Entre-temps, nous avons participé plusieurs années de suite aux “Journées du Patrimoine” au château de Monceau, par des expositions et des artistes au travail.


Nous avons étés sollicités également à prendre une part active à des journées à thème organisées par la MPA, la Ville de Charleroi (Charleroi 2020 au Palais des Beaux-Arts) et la Province de Hainaut (Les Métiers d’Art du Hainaut).


En cette quinzième année d’existence des ateliers, nous organisons notre septième exposition biennale au Château Bivort. Celle-ci sera la dernière. Non pas que nous arrêtions toute activité, mais après sept expositions assez lourdes à concevoir et à agencer, notre but est de nous fixer, participer à la vie culturelle locale et collaborer à des activités partenaires et variées.

L'atelier

publié le 26 févr. 2010 08:45 par Groupe acg-art   [ mis à jour : 4 mars 2010 21:01 ]

Avec les sons, la peinture est la première forme d’expression de l’Etre humain.


Dans notre monde où les moyens de communication sont si nombreux et si variés, les sociologues nous disent que les relations entre les individus ont rarement été si pauvres. A croire que les moyens de communication nous exemptent de rencontres vraies.

L’artiste, de par son art, interpelle la société et provoque le dialogue interpersonnel permettant ainsi une vision moins matérialiste du monde.

Dans l’histoire de ce monde, les dirigeants des grands empires, à leurs périodes de gloire, étaient entourés de penseurs, d’artistes, d’architectes, d’orateurs, poètes et dramaturges qui, chacun dans leur domaine, orientaient la société vers les valeurs constituantes de leur civilisation.

Dans notre monde, souvent centré sur l’individualisme, les artistes, nous compris, ont pour mission de pousser le cri natal, source de vie et entrée dans une communauté d’échanges. Par son geste créateur, l’artiste devient de plus en plus lui-même, s’épanouit dans la joie de la recherche et du partage.


Depuis dix ans que je participe aux ateliers, avec le recul, je crois que ceux-ci m’ont permis de découvrir un de mes rôles dans la société et aussi de m’élargir aux dimensions du Beau et ainsi vivre ce que les Grecs exprimaient dans leur maxime: “Le Beau et le Bon”. 

Peindre un objet demande de l’analyser de telle sorte qu’il devienne Sujet dans lequel je me retrouve. Ainsi, par une interpénétration réciproque de l’objet et du sujet, je grandis et pénètre dans le mystère du Beau source du Bon, et du Bon s’épanouissant dans le Beau.

Lors de mon arrivée aux ateliers, mes grandes peurs étaient:

.-avoir un professeur qui oblige à faire comme il disait,

.-deuxièmement, me croire incapable de réussir de belles peintures.

Pour ce qui est du professeur, sa première parole fut: “Que veux-tu dessiner?” puis “que voudrais-tu que l’on dise lorsque tu auras terminé ta peinture?”

Ouf, nous n’étions pas dans l’ordre du commandement, mais dans celui de la collaboration. Tu veux réaliser ceci, je vais partager mon expérience avec toi pour que tu puisses l’accomplir dans la réussite. Il n’est plus mon “prof”, il est devenu mon maître soucieux de me permettre de réaliser mon rêve ; il est devenu un ami exigeant, à l’écoute compréhensive.


Ce que j’ai découvert, en même temps, c’est le groupe. D’abord le groupe du lundi, ensuite avec les expositions, les sessions: les autres groupes. Je dis groupe. Non pas un ensemble d’allumettes dans une boîte. Non, des personnes qui parlent, échangent, s’intéressent à ce que les autres créent, et savent rire.

Groupe ; petite sphère ouverte comme le ventre de la mère qui va accoucher d’un être nouveau irremplaçable. Ainsi naissent les rencontres réelles, des amitiés respectueuses et valorisantes.

Dans ce groupe j’ai aussi été interpellé par le fait qu’il n’y a pas de différences entre un jeune de dix-huit ans et un adulte, entre nouveaux et anciens, actifs et retraités, entre personnes de diverses opinions ou autre conviction. Chacun regarde, s’intéresse au travail de l’autre et peut donner sans crainte son avis, ses conseils.

Le groupe devient aussi un lieu où l’on peut souffler, respirer, être encouragé pour surmonter les moments les plus noirs.  Etre dans le groupe, s’est boire l’eau vivifiante du réconfort et de la création en commun, s’enrichir de toutes ces rencontres.

Ce que les cours m’ont aussi appris, c’est que j’étais capable de créer le Beau, ce qui m’a amené à prendre de plus en plus confiance en moi, en mes capacités. Ils ont fait naître en moi une plus grande fierté de ce que j’étais, capable de créer, et de ce fait à oser plus.

Oui le groupe nous encourage à créer. Non pas à recopier, mais à exprimer ce que pourquoi tel sujet nous fait vibrer. Nous unissons ainsi l’admiration pour notre sujet à l’émerveillement pour la façon dont nous l’avons traduit.

J’apprends ainsi à aller au delà des apparences pour découvrir le Réel dans ce qu’il est et dans ce qu’il exprime.

Prendre part aux ateliers, c’est accoucher de ce que nous avons de meilleur en nous et aussi contempler dans l’admiration, ce que chacun peut réaliser.


S’étonner, voilà la force vitale.


Pierre.

Penseur et membre des ateliers.

Epilogue d'une exposition

publié le 26 févr. 2010 08:44 par Groupe acg-art   [ mis à jour : 4 mars 2010 21:03 ]

Notre dernière exposition d’ensemble s’est terminée comme elle a commencé, dans la bonne humeur et sans prise de tête. Ne pas trop se prendre au sérieux, voilà une des qualités essentielles lorsque l’on se dit acteur dans le domaine culturel local et régional.

Nos initiatives ne seront de toute façon jamais gravées dans la pierre, ni mentionnées dans aucun livre. Mais elles ont le mérite d’exister, et de faire bouger un tant soit peu, le milieu dit “artistique” dans l’associatif.

 

Ce qui m’a marqué le plus, on organisant cette manifestation, c’est l’ouverture d’esprit et l’accueil chaleureux, des autorités mais également des agents communaux de Fontaine-l’Évêque. Tout a été fait pour que cette dernière exposition soit une réelle réussite. Et elle le fut. Tant par son contenu, mais aussi par le contenant. L’un mettant en valeur l’autre. Il est vrai que les locaux mis à notre disposition au château Bivort ont une vraie valeur architecturale.

 

Tout le monde a suivi : le public, la presse, les médias. Évidemment, la récompense n’est pas seulement le fait d’avoir mobilisé du monde. Mais ce sont les échos, les marques de satisfaction que les exposants et les animateurs ont perçu en observant les visiteurs, qui ont le plus convaincu. Ces nombreuses réactions positives ne sont que le résultat mérité d’un travail de qualité produit par les artistes. Le fait de donner le maximum de soi-même se ressent devant l’œuvre, la passion qui les anime tous est le moteur qui fait avancer le groupe, qui le fait grandir et mûrir. A ceux qui fréquentent soit l’atelier de Cécile, soit un des miens : encore merci.

 

Ma grande inquiétude, celle qui ma tenaillé durant de longues semaines, était de ne pas offrir aux exposants, aux invitants et au public, un espace aéré et confortable vu le nombre considérable d’œuvres présentées. Jusqu'à la dernière toile accrochée, au dernier réglage de la lumière, le doute a subsisté. Enfin, lorsque nous avons dégagé l’espace afin de mettre en valeur les travaux présentés, j’ai senti l’apaisement et la décontraction m’envahir. Notre travail était terminé, le produit du mieux que l’on put. Il restait l’épreuve du vernissage. Mais demain est un autre jour.

 

L’autre jour. Le soir du vernissage. Qu’en dire. Ceux qui étaient présents ont vu. Cette foule compacte, dense, fidèle au rendez-vous, déjà acquise. Et portant, la grande majorité venait de l’extérieur, et ne connaissait, ni le château, ni ses alentours. Les discours officiels achevés (celui de l’Échevin de la Culture fut du grand art, comme à son habitude), ma soirée s’est déroulée dans un brouillard qui faisait tampon face à la réalité, qui m’a mis dans un état second. Celui que l’on ressent lorsque l’on sait que les jeux sont faits, qu’il n’y a plus qu’à laisser couler, lorsqu’on ne maîtrise plus rien.

Mais le mérite, je ne peux pas me l’approprier, tout est travail collectif, c’est le propre de l’associatif. Chaque exposant, chaque animateur et animatrice, chaque partenaire (Ville, Centre Culturel, Échevinat de la Culture, Maison pour Associations) a le mérite d’être un des acteur de cette admirable mise en scène.

 

J’ai également une pensée pour les membres du groupe qui n’ont pas exposé, soit parce que le temps leur a manqué, soit que leur niveau technique ou artistique n’est pas encore abouti, vu leur récente rencontre avec l’art. Mais également pour ceux qui ont quitté le groupe pour diverses raisons, études, travail, famille, ou plus simplement par goût du changement. L’herbe est toujours plus verte ailleurs, dit-on. Tous, ont apporté leur contribution à l’évolution des ateliers, à notre évolution ; et nous tous, les en remercions.

 

Il est vrai que j’ai évoqué le fait que ce sera la dernière exposition du groupe telles qu’on les a conçues jusqu’à présent. Je maintiens : malgré les nombreuses interrogations qui m’ont été posées depuis. Dès l’origine des ateliers, il y a quinze ans, systématiquement, nous organisons une exposition biennale, dans des lieux divers. Celle-ci fut la septième, et la dernière. Je crois que persister sur ses acquis, recommencer sans cesse le même scénario est une erreur, même si au fil des ans notre popularité, et la dimension prise par nos activités, n’ont fait que croître. Cependant je dois également avouer que prévoir, concevoir, et finaliser de telles manifestations demande beaucoup de temps et d’énergie.

 

Toutefois, nous n’allons pas en rester là, heureusement. D’autres objectifs se dessinent face à nous. Il y aura des barricades à franchir, des gués à traverser, mais nous le ferons avec le temps. Comme annoncé, sur TéléSambre nous aimerions travailler, avec tout le groupe, en partenariat avec d’autres associations, centres culturels et autres, à des activités communes, dans ou hors entité. Comme membre administrateur du Centre Culturel local, je sais qu’il y a une potentialité, avec l’aide du département Culture de la Ville, à réaliser de beaux projets. Le plus laborieux, je le sais, sera de convaincre d’autres associations du bien fondé d’avoir des objectifs communs, tout en conservant chacun son autonomie et son mode de fonctionnement. Il faudra installer la confiance, et je sais par expérience, que ce n’est pas chose aisée.

 

Il faut tenter de combler le fossé qui sépare les amateurs d’Art des Artistes Amateurs.

A l’heure ou le pays se divise, unissons-nous afin de croître ensemble.

 

Derry Turla

La Femme de Mons

publié le 26 févr. 2010 08:43 par Groupe acg-art   [ mis à jour : 4 mars 2010 21:02 ]

J’ai souvent rencontré à Mons, pendant des années, une femme qui marchait complètement pliée. Et quand je dis pliée, ce n’est pas voûtée, mais cassée en deux comme un fétu de paille après le passage d’un troupeau au galop. Mettez les pieds par terre et le buste allongé sur la table; telle était la position de marche de cette dame.


Mais que voyait-elle en marchant?

Ses pieds, les pieds des passants.

Les roues des vélos, des voitures.

Les éclaboussures de la circulation qui retombaient sur le trottoir et sur ses propres pieds.

Elle voyait les papiers, les restes d’un sandwich écrasé, les mégots, les crachats.

Les canettes de différentes boissons, les crottes de chiens, les passages pour piétons, les vomissures d’étudiants en guindaille.

Elle voyait, en bref, l’univers des bas-fonds.


Et que ne voyait-elle pas?

Le numéro des bus qu’elle ne pouvait donc prendre.

Le ciel bleu les jours de beau temps, les levers et couchers de soleil, le ciel rouge de ces levers ou couchers.

Le visage des gens, sauf parfois celui d’un tout petit enfant.

Le sourire de certaines personnes tout en devinant le regard moqueur de certains.

Les vitrines des magasins, les illuminations de Noël.

Le bonheur d’une famille qui va au cinéma.

Les oeuvres des artistes, architectes, tailleurs, peintres.

Le bonheur d’amoureux qui s’embrassent, une belle fille, un beau mec.


Puisqu’elle ne pouvait voir en haut, je clamais en l’approchant un vibrant «Bonjour Madame» auquel elle me répondait «Merci Monsieur». Quelle ne fut pas ma surprise un jour où je m’approchais d’elle, de l’entendre me dire avant que je n’ouvre la bouche: «Bonjour Monsieur». Elle avait reconnu mes chaussures puisque, depuis mon accident, je porte toujours les mêmes. C’était la première fois qu’on me reconnaissait par mes pieds. Et ce fut un voyage à deux. 

Histoire banale? Non, un vécu. Mon vécu, son vécu. 


Et ce vécu j’ai l’impression qu’aujourd’hui nous le vivons tous et toutes.

Ne levez pas la tête, travaillez; on se fout de vous, c’est le rendement qui compte. Tout nous y pousse, médias, certaines politiques «toujours plus riches, de plus en plus pauvres», les affaires, les banques, la production, la consommation qui devient «consummation». Et nous marchons notre vie la tête basse, ne voyant que le laid.

Prenons-nous encore le temps pour admirer ceux que nous aimons, nos amis?

Ne soyons pas esclaves, levons la tête, regardons la beauté du ciel, des moissons, de nos amitiés, des herbes folles, de nos enfants, de nos chef-d’oeuvres.

Vivons debout, les pieds sur terre et le regard dans le ciel car il est beau et plein d’espérance.


C’est ainsi que nous construirons un monde meilleur en unissant l’or et le noir.


Pierre Rombeau, membre du Groupe acg-art.

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