591 Photography online Exhibition Aug 30 - Nov 22, 2009 Centro Habana (Centre Havane) Une île dans une île Situé entre l’emblématique front de mer – le Malecón, la zone touristique de la Vieille Havane – et le très distingué Vedado, c’est dans ce quartier habité principalement par une population noire et métisse qu’infuse l’essentiel de la culture populaire cubaine. Les bâtiments délabrés, l’entassement résultant de l’incessante multiplication des familles – qu’il s’agisse de nouveaux foyers ou de l’incessante migration des provinciaux vers la capitale – favorisent une vie intense dans les rues ; si on y ajoute le chômage et le temps démesurément libre de la population, on comprend facilement que la rue devienne le territoire naturel des Havanais. Voilà un endroit où, à la différence de la plupart des grandes capitales, ce n’est ni l’usage ni l’appropriation des espaces publics qui est en cause, mais bien plutôt l’état d’indigence qui caractérise les espaces privés. Si l’espace public appartient aux habitants de La Havane dans leur ensemble, pour les habitants du centre historique il est leur espace naturel ; le logement est une navrante nécessité. Je cherche par mon travail, à explorer l’expression de la culture populaire urbaine dans cet espace singulier, dans ces conditions d’existence et surtout, dans ce contexte historique, politique et idéologique. Ces gens qui résolvent l’existence au jour le jour, ceux-là m’intéressent, cette communauté sans aucune idée d’avenir, au passé rempli d’espoir et d’utopies, au présent grouillant d’incertitudes. La mer en guise de frontière infranchissable, et d’horizon. Cette génération de la transition, m’interpelle, cette population de jeunes et d’enfants, inévitablement pionniers sans le Ché et en passe d’être adultes, sans Fidel. Mon projet photographique Centro Habana (Centre Havane), à la manière des romans de Pedro Juan Gutiérrez, s’attache aux invisibles, à ceux qui vivent dans l’éternelle contradiction (entre le Ché et la sainteté, entre la révolution et l’exil), ceux qui vivent en sachant que le sexe et le corps lui-même font figure de dernier abri, ceux qui vivent cachés derrière les autos surannées, les métisses, le tabac, la tombée du jour, la musique et le rhum. FRANCISCO MATA ROSAS Ciudad de México/2009 |

