Commentaire critique : Economic Crisis Could Push Reform in China par Zhiwu Chen Par Emilie-Anne Il est immanquable de comparer la crise économique actuelle à celle de 1929 : les historiens se rappelleront que c’est suite à cette première grande faillite du système capitaliste que se sont proliférés les mouvements politiques alternatifs d’extrémisme que nous appelons aujourd’hui communisme et fascisme. Il est généralement admis que lors des périodes d’instabilité, les idéaux politiques se polarisent. Ainsi il sera intéressant de voir quels types de nouvelles théories politiques naissent, ressurgissent et surtout s’hybrident en intégrant les problématiques et les inquiétudes des peuples. Il sera intéressant de voir si pareil vent de changement aura effet au sein du PCC (Parti Communiste Chinois). Je suis une fidèle lectrice des publications de Yale Global : souvent y a-t-il des articles plus intellectuels par rapport à la Chine et son actualité. Ainsi, je voulais vous faire part d’un article que je trouvais très pertinent à notre sujet plus global sur l’avenir de la Chine en ce qui concerne son adaptation à la crise financière ainsi que les réformes politiques et institutionnels en Chine. C’est une analyse suite à l’annonce récente du premier projet de « stimulus » par le PCC : Economic Crisis Could Push Reform in China par Zhiwu Chen. Le titre est assez direct et m’a intrigué car c’est une idée dont on entend souvent quelques murmures : j’avais espoir que cet article décrive de façon beaucoup plus concrète que la Chine peut améliorer son passage à travers cette crise par des réformes. Zhiwu Chen, professeur de Finance à l’Université de Yale, tient que « the crisis could provide the necessary pressure for China to adopt fundamental reforms » : il explique qu’en premier lieu, ces réformes doivent prendre la forme d’encouragement de la consommation domestique chinoise pour augmenter son autonomie, possible surtout en privatisant d’avantage ainsi que par une redistribution de la richesse dans le pays au complet. En second lieu, ce sera au niveau de réformes dans les domaines de l’éducation et des autres types d’investissements internes qui permettent une croissance sur le long-terme. Il commence par l’analyse de base de l’impact de la Crise sur la Chine : étant donné qu’elle a une économie d’exportation, le chômage est inévitable à cause de la chute dans l’investissement. Nous savions que cette croissance déchainée ne pouvait pas continuer sans répercussions… Pour Chen, cette situation d’urgence pour l’économie de la Chine est une opportunité pour inciter à la réforme : si les politiciens ont la sagesse de pouvoir instaurer de tels changements. Ceci étant dit, il mentionne tout de même quelques facettes positives à cette crise : la chute des prix de l’énergie et des ressources ainsi que la réévaluation à la hausse des réserves de fonds étrangers qui n’a fait que croitre depuis les années 80 : ainsi son potentiel d’investissement demeure très prometteur et dynamique, même dans un cas de crise profonde. Ainsi, grâce à son accumulation fiscale, la Chine a plusieurs options de mesures qu’elle peut prendre pour la navigation à travers les obstacles pour les prochaines années. Chen est donc positif pour l’avenir de la Chine, mais critique tout de même l’impact de la première mesure prise par le PCC. Il est clair que le PCC devra faire de grands changements : trouver rapidement des moyens de reprendre la confiance de donner au peuple ce dont il a besoin pour pouvoir survivre à cette crise : non seulement pour la survie économique du pays mais aussi pour sa propre survie politique. Avec le premier « plan de sauvetage » de 586$M, qui mise surtout sur l’infrastructure, adopté récemment par la Chine, le gouvernement a pris un premier pas vers une réévaluation des besoins du pays pour la croissance et la stabilité à long-terme. Mais Chen prévoit que ce premier « stimulus package » porte trop sur l’infrastructure pour que son effet porte un retour sur investissement assez important. Pour lui, c’est l’encouragement à la consommation domestique qui est plus porteur et sur lequel le gouvernement doit miser pour la relance et la réforme. Son explication de la situation en Chine est assez simple : que sans privatisation, la croissance qu’a vécue la Chine n’a pas « trickle down » au peuple et que l’accumulation s’est fait surtout au niveau du gouvernement et ses caisses : le PCC possède à ce jour 75% de l’infrastructure productive du pays. La privatisation, ou la redistribution de cette richesse que Chen rappelle appartient au peuple, est donc nécessaire et primordiale pour augmenter la consommation par les chinois et donc pour augmenter la stabilité et l’autonomie de la Chine. En ce qui concerne le volet politique, Chen parle de l’importance de trouver des façons que la Chine pourra augmenter sa croissance à long-terme, en privatisant et en investissant dans sa propre population. Mais ceci implique un ralentissement dans le rythme préalablement effréné de croissance économique : avec la crise économique, il semble que c’est inévitable de toute façon. Ce qui cause le plus de problème avec ceci est le fait que cette croissance était l’élément légitimateur du gouvernement de la Chine. Nous l’avons vu, le confucianisme, et donc les mœurs profonds du peuple chinois, est à l’existence d’un pouvoir fort, autoritaire : un gouvernement rempli d’hommes (et de femmes?) qui sont les plus aptes à la gouvernance par leur mérite et leur sagesse. Ainsi comment pouvoir imaginer l’instabilité massivement politique de la Chine? Pourtant, les signes sont là : le nombre de grèves et de grévistes augmente à chaque mois et le chômage croissant ne doit pas augurer un ralentissement... Je suis d’opinion, tout comme Chen, que c’est le moment ou jamais pour le PCC de s’affirmer comme pouvoir de la Chine, prendre en main le dur labeur de reformer les systèmes et les institutions pour sortir la Chine de cette crise. Comme l’affirme Chen : « With the right policy steps, China can position itself to come out of this a winner. » Pensez-vous que ce parti en sera capable? |